Ce que je trouve assez extraordinaire avec les séances de dédicaces, c’est qu’il se passe toujours quelque chose d’inattendu et de beau, quel que soit l’endroit.
À Nantes, j’ai retrouvé une amie rencontrée lors de mes études, que je n’avais pas revue depuis longtemps. Je l’avais contacté la veille, sans trop y croire (nous étions en pleine période de vacances), et elle est venue, avec son compagnon et sa fille de 11 mois.
En Bretagne, à Saint-Quay-Portrieux, un monsieur parfaitement inconnu est venu vers moi d’un pas déterminé : il voulait 3 livres, un pour lui et deux pour chacun de ses enfants, parce qu’il était ancien DRH d’un grand groupe, et qu’en voyant l’article du journal, il s’est dit « Ce livre est pour moi ». Il avait écrit son nom et celui de ses enfants sur une carte, qu’il m’a laissée en disant « Je vous laisse faire vos dédicaces, je reviens ». Aussi surprenant que réjouissant.
Dans le Sud, à Argelès-sur-Mer, les premières personnes avec qui je parle s’avèrent être… des bretons. Quand je leur dis que mon père est de Brest, ils me disent « de Brest-même ? » et je souris. Même à l’autre bout de la France, on rencontre toujours des bretons.



Vendredi dernier, je me suis rendue à Saint-Cyprien, une station balnéaire non loin de l’Espagne, pour la dernière date de ma petite « tournée » estivale… et j’ai aussi eu droit à une belle surprise.
À peine arrivée, la gérante me dit : « Une dame a appelé hier, pour demander si c’était bien maintenu. Elle a prévu de venir exprès, depuis Toulouse. »
Je reste estomaquée. Toulouse ? C’est à plus de 2h de route d’ici. Je lui dis que je viens de cette ville, mais que là, vraiment, je ne vois pas…
Je commence ma séance de dédicaces, passant en revue les gens que je connais à Toulouse, et qui seraient susceptibles de venir « exprès ». Mes parents sont en Bretagne, mes amis proches sont déjà venus à de précédents événements… mystère.
Peu de temps après, la gérante revient vers moi : « Elle a rappelé ! Elle s’apprête à partir de Toulouse, et elle voulait être sûre… Cette fois, je lui ai posé des questions ! »
Elle me dit que cette dame a lu mon livre, qu’elle l’a adoré, et qu’elle a fait une chronique dessus…
Je laisse apparaître un grand sourire.
Ça y est. Je sais qui c’est.
Dans l’été, j’ai échangé quelques mails avec une certaine Brigitte Rovetto, qui anime (entre autres) une chronique littéraire sur une radio locale, proche de Toulouse. Elle était intéressée par mon livre, voulait le lire et, quelques temps plus tard, me transmet son verdict : elle a A-D-O-R-É (en lettres majuscules).
Quelques jours avant la dédicaces, je découvre sa vidéo YouTube. « Ce n’est pas un polar… c’est mieux qu’un polar ! » dit-elle à un moment donné, portée par un enthousiasme qui déborde de l’écran.
C’est donc peu avant 13h qu’elle est arrivée. Souriante, solaire. Fidèle à l’énergie qui transparaît dans ses chroniques. On s’est saluées comme si on se connaissait déjà, « allez, on se fait la bise ! ».

C’était une belle rencontre.
On a discuté de plein de choses, du roman bien sûr, de ses impressions de lecture, de théâtre, de littérature jeunesse… j’ai soigné autant que possible sa dédicace (comment la remercier ?) et lui ai aussi dédicacé un exemplaire pour sa filleule.
Bien sûr, elle ne venait pas uniquement pour me voir. Elle en profitait pour rendre visite à quelqu’un, mais qui n’était pas à Saint-Cyprien. Sa décision de venir ce jour-là et à cet endroit était bel et bien motivée par ma présence.
J’ai été émue et touchée.
S’il y a bien quelque chose que je ne soupçonnais pas (un peu, mais pas à ce point) avant la sortie du livre, c’était la beauté de ces instants. De ces rencontres. Avec des inconnus, mais aussi avec des personnes qu’on a connu, parfois il y a longtemps (qui eut cru qu’un livre me permette de revoir ma maîtresse de CM2 ?).
Quand on écrit, on est focalisé sur le texte. Le lecteur, on y pense, bien sûr, mais c’est un concept abstrait. Lointain. Peut-être même imaginaire, d’ailleurs, car à ce stade, il n’est absolument pas certain que le livre soit publié.
Que le lecteur (la lectrice) s’incarne en chair en os, en mots et en rencontres, est le meilleur cadeau que nous offre la publication.
By the way, si vous voulez découvrir la chronique vidéo de Brigitte (4 minutes, top chrono !), c’est par ici :
Merci à elle, et merci à vous de suivre mes petites aventures livresques ![]()
Mais c’est qu’il commence à faire son petit bout de chemin le « contrat sans fin » !
Toutes ces rencontres et (re)découvertes sont une belle récompense pour tous tes efforts et ton travail en solitaire de ces trois dernières années.
On se prend tellement au jeu que j’étais déçu ce matin de ne pas entendre ton nom sur France Culture quand Guillaune Erner parlait de la rentrée littéraire !!
Laurent
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Oui, je savoure cette belle récompense, en effet !
Haha, si jamais tu entends un jour mon nom sur France Culture, préviens-moi avant, histoire que je m’accroche à ma chaise ! 😜
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