En 2022… Embrasser l’éphémère

Pattes jaunes sur granit rose
Plumage blanc et grande bleue

Impressions d’un goéland
au crépuscule

À l’aube d’une nouvelle année, je collecte malgré moi les touches éphémères qui ont composé, tel un tableau pointilliste, les douze derniers mois.

Je peine encore à voir la toile dans son ensemble.
Tout n’est qu’un magma de couleurs, un peu brouillon, un peu criard. Vivant et indescriptible.

Sûrement y verrai-je plus clair dans quelques mois, quand j’aurai pris la peine de décoller mon nez du tableau, de reculer de deux bon mètres — la fameuse distance de sécurité.

Je ne verrai alors plus les coups de pinceau, les maladresses, les tâches qui se chevauchent, celles qui ont disparu, recouvertes par d’autres… Quelque chose d’autre se dessinera, et je me raconterai une histoire à propos de ce tableau : l’intention de son auteur, les étapes de sa confection…

Dans quelques années, le tableau ne sera plus qu’un trait. J’aurai oublié les milliers de pigments qui l’ont composé. Ne restera plus que le récit que je m’en serai fait.

*

Alors, pour cette année qui commence, je vous souhaite avant tout d’embrasser l’éphémère et de choyer vos pigments. Belle année 2022 !


Ce texte a été écrit en guise d’édito de la Newsletter du Collectif Murmuration.

(Pour s’abonner, c’est par ici)

2 commentaires sur “En 2022… Embrasser l’éphémère

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