R comme Réécrire.
Quand je me suis lancée dans l’écriture de mon roman, j’étais loin d’imaginer que l’étape de réécriture était à ce point importante.
J’imaginais que le plus dur, c’était d’écrire le premier jet. Une fois que ce serait fait, c’est bon, ce serait gagné, pensais-je naïvement.
J’étais loin de me figurer qu’écrire, c’était avant tout réécrire. Encore et encore. Que la détermination se forgeait là, dans les heures écoulées à retravailler un manuscrit.
La palette de la réécriture est au moins aussi large que celle de l’écriture : chaque nouveau chapitre à retravailler pose son problème particulier.
Il faudra entièrement refondre celui-là. Couper ici pour mettre ailleurs. Changer le point de vue. Étoffer ici. Alléger là. Garder la tension narrative, mais en rajoutant cet élément important qui avait été oublié. Recommencer parce que ça ne fonctionne pas. Changer un bout d’intrigue. Creuser tel personnage un peu fade. Nuancer ou insister.
Et ici, je ne parle que du fond, et même pas de la forme, du style, terrain d’expérimentation à part entière (sauf que le plus souvent, on doit penser le fond et la forme en même temps…).
Bref.
Dans l’acte d’écrire, je trouve qu’on sous-estime souvent la réécriture. On se dit qu’en quelques semaines ce sera plié.
Et pourtant, je me demande : l’essentiel du travail de l’écrivain ne réside-t-il pas là, dans l’acte de réécrire plutôt que dans celui d’écrire ?
Ce texte a d’abord été publié sur Instagram.
Image JK