Je rêve d’un monde fait d’errances
car c’est dans l’errance
qu’on trouve le mieux son chemin
Autrice
Je rêve d’un monde fait d’errances
car c’est dans l’errance
qu’on trouve le mieux son chemin
dans le creux de la vague
barbouille un papillon
et moi
sans comprendre que le silence est bleu
je me perds dans une forêt de sons
il est possible
que ça moucheronne sous la barque
que les chuchotis n’arrêtent pas de bourgeonner
— je m’éparpille entre leurs doigts collants
furtive
je traverse la frontière pour te reconnaître
dissimulée sous un voile de brume
bouffée d’enfance
Quand on vous donne carte blanche pour réaliser un projet, vous réagissez comment ? Vous frétillez d’excitation, ou vous avez un moment de panique intérieure, en mode « oh la la, mais comment je vais faire » ?
Sous le manteau des rêves
la bouillie crasse du matin
Il y a environ une semaine, était publiée sur le site du Collectif Murmuration une création musicale et vidéo dont je suis partie prenante.
Il s’agit d’une création plutôt hybride, qui mêle écriture (évidemment), mise en voix, musique, chant, et vidéo.
Lire la suite « Créer en groupe »Le soir me fait la peau
Et faudrait continuer
comme si
la route n’était pas coupée
Comme si
l’absence de vision
ne nous asséchait pas
Comme si
sans essence
sans ciel
Nous pouvions nous éprendre
de Demain
L’arbre à syllabes
Siffle dans le vent
De phonème en voyelle
Je saute – Ça l’amuse
Ses feuilles m’enveloppent
De leurs murmures
Clac ! Un grand coup
Tout s’envole
La nuée est partie
Je reste branche
Au creux de l’hiver
Je vois les mots flotter.
Là et là.
Ils sont détachés les uns des autres.
Ils ne veulent plus rien dire.
Ils ne me disent plus rien.
Ils ne disent rien.
Ne sont rien.
Rien que des mots.
Dans le vent.
Des mots vains.
Des mots-rien.
Des rots-mains.
Des romains ?
Des morts, hein.
Des hauts miens.
Haut-les-mains !
Vauriens.
Or et vin.
De l’or et du vin.
On y vient. Quoiqu’on fasse, on y revient : de l’or et du vin.
Foutus humains.
Hier était le demain d’avant-hier
Demain sera hier pour après-demain
et sera la veille du lendemain
Ici est le là-bas de tout à l’heure
Là-bas était ici à ce moment-là
Maintenant sera bientôt l’autre jour
Puis seulement un jour ou un soir
Je pour toi est un autre
Toi pour moi est une autre
Alors que pour toi c’est je
Et moi je ne me sens pas autre
Si je dis qu’elle est rigide ça pourrait être elle
Ou bien seulement la chaise
Il est souple
Qui ? Le contrôleur ou le classeur ?
Elles sont vicieuses
Qui ? Les commères ou mes douleurs ?
Je m’y perds – Tu t’y perds, me dirais-tu
Et là se brouillent
Les frontières du langage