L’arbre à syllabes
Siffle dans le vent

De phonème en voyelle
Je saute – Ça l’amuse

Ses feuilles m’enveloppent
De leurs murmures

Clac ! Un grand coup
Tout s’envole

La nuée est partie
Je reste branche

Au creux de l’hiver

Je vois les mots flotter.
Là et là.
Ils sont détachés les uns des autres.
Ils ne veulent plus rien dire.
Ils ne me disent plus rien.
Ils ne disent rien.
Ne sont rien.
Rien que des mots.
Dans le vent.
Des mots vains.
Des mots-rien.
Des rots-mains.
Des romains ?
Des morts, hein.
Des hauts miens.
Haut-les-mains !
Vauriens.
Or et vin.
De l’or et du vin.
On y vient. Quoiqu’on fasse, on y revient : de l’or et du vin.

Foutus humains.

Hier était le demain d’avant-hier
Demain sera hier pour après-demain
et sera la veille du lendemain

Ici est le là-bas de tout à l’heure
Là-bas était ici à ce moment-là

Maintenant sera bientôt l’autre jour
Puis seulement un jour ou un soir

Je pour toi est un autre
Toi pour moi est une autre
Alors que pour toi c’est je
Et moi je ne me sens pas autre

Si je dis qu’elle est rigide ça pourrait être elle
Ou bien seulement la chaise

Il est souple
Qui ? Le contrôleur ou le classeur ?
Elles sont vicieuses
Qui ? Les commères ou mes douleurs ?

Je m’y perds – Tu t’y perds, me dirais-tu

Et là se brouillent
Les frontières du langage

J’attends du ciel qu’il me donne un parapluie
Pour délimiter le cercle de mon existence

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