Le soir me fait la peau

Et faudrait continuer
comme si
la route n’était pas coupée

Comme si
l’absence de vision
ne nous asséchait pas

Comme si
sans essence
sans ciel

Nous pouvions nous éprendre
de Demain

Je marche dans tes pas et nous irons danser
danser au coin de la rue
Tu sais cette rue aux angles arrondis
celle qui refusait les lignes de la ville

celle qui ne voulait que chanter et danser
toute la nuit et tout le jour
car ce serait triste de n’avoir que la nuit pour danser
(pourquoi donc faudrait-il s’arrêter au petit jour?)

Je marche dans tes pas et nous irons danser
Ta nuit sera mon jour et je me demande parfois si ta nuit n’est pas plus lumineuse
Ta nuit comme un tango
Un souffle qui ne s’épuise pas
Ses gancho et boleo et ocho et abrazo

Tu me respires je te plisse tu m’aspires
je t’arrime et t’assouplis sous ma peine à l’envie – à l’envie
Je te vie je te nuit je devine toi qui tangue et tombe sous toi sous ton toit ou le toit du monde
le monde à toi ton monde
La nuit

Je marche dans ta tête je marche dans tes bras
sur ta peau et même ton orteil
Tout danse en toi
Rien ne marche plus chez moi

La rue a retrouvé ses angles ses arêtes
elle quadrille l’espace – mon espace
quelque chose a bougé quelque chose a changé
au début je ne sais pas quoi   à moins que si   ce ne soit ça        l’absence
l’absence de toi

Je vrille, je virgule
les lignes ne sont plus courbes les murs sont plats
je m’en retourne chez moi
chez moi ce n’est plus    ce n’est pas    alors je ressors et je marche
je marche dans rien    plus rien de toi    je fais taire mon pas

La nuit est sous terre
Tu danses là-bas
Là où est la fête
J’irai avec toi

écrire avec
écrire avec ce corps inconfortable
écrire avec ça
écrire avec soi
écrire avec ou sans
écrire avec ce sang

Sentinelle du mois

écrire l’invisible
écrire le caché

écrire ce premier jour de règles

À cache-cache dans le dédale de la nuit
Vers les lampions d’une liesse illégale

De biais, de travers
Par le rire et la danse
Se perdre à la rivière

Belle liaison buissonnière
Hors des sentiers
Tracés par nos abbés

Sans pluie, sans frontière, sans musette
Sous l’averse de nos rêves d’enfant

Le bal des traverses

Le clair de lune brille sur ta peau
Mon regard glisse sur la crête de ton dos
Je me rapproche
Je veux humer ton souffle
La chaleur de ta bouche m’emplit
Elle irradie mes entrailles
Je te vois je te sens mais je n’ose pas te toucher
Tu dors si paisiblement

Dans sa course la lune s’est arrêtée sur le rebord de la fenêtre
Elle est curieuse la lune
Elle me regarde avec un sourire entendu
Elle se moque gentiment de ma pudeur

Je recule je ne peux pas
Les bruits de la nuit m’envahissent
Cigales grillons j’ai l’impression que tous se rient de moi
Il n’y a que la chouette qui me comprend

Je repense à la mer d’étoiles qui brille dans l’océan
Ta peau brille
Elle luit
Je ne peux détourner mon regard

Soudain je suis parcourue d’un frisson
Par accident ma peau a effleuré la tienne
Je suis pétrifiée d’émotion
Je suis cueillie pétrie

J’ose reproduire l’accident du bout des doigts
J’embarque sur un océan de douceur

Tu dors encore et cet interdit soudain bravé me fourmille dans tout le corps
Ma main se pose hardiment sur ton dos
Je sens ton omoplate
Je ferme les yeux
J’inspire je respire il faut que je me calme

Le corps parle le corps hurle il crie d’amour et de désir

Je brûle
Je brûle pour toi la nuit

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑