Le vent souffle mon poème
Les yeux fatigués je le regarde partir
Il est hors de moi maintenant

Il vivra maintes fois
À la lumière du regard des autres

Et un jour je regarderai cette voix qui fut mienne avec les yeux d’un étranger

En fait
Ce que j’écris de mieux
C’est quand je n’essaie pas d’écrire
Mais quand j’écris

Tout
Rien
Je doute de tout
La chute d’un rien
La fin du tout

Il n’est rien que je puisse faire
Pour être dans le tout

Rien à faire
Tout au plus
Choisir le plus du tout
Plonger rien qu’une fois
Dans le plus-que-tout

Et rien
Tout à coup rien
Le rien qui dit tout
Tout et rien en un seul tout
Sur la page tout s’échappe
Et me laisse face au rien
Ce rien qui meuble
Ce rien qui malgré tout
N’est plus si rien

Rien qu’un tout
Qui se cherche
Tout un rien
Qui se perd

Je me sens tout rien
Je suis rien du tout
Tout est déjà là
Tout est déjà rien
Il n’y a plus du tout de rien
Rien n’y a-t-il tout au plus
Tout
Rien
Que c’est tout et soudain rien

Le clair de lune brille sur ta peau
Mon regard glisse sur la crête de ton dos
Je me rapproche
Je veux humer ton souffle
La chaleur de ta bouche m’emplit
Elle irradie mes entrailles
Je te vois je te sens mais je n’ose pas te toucher
Tu dors si paisiblement

Dans sa course la lune s’est arrêtée sur le rebord de la fenêtre
Elle est curieuse la lune
Elle me regarde avec un sourire entendu
Elle se moque gentiment de ma pudeur

Je recule je ne peux pas
Les bruits de la nuit m’envahissent
Cigales grillons j’ai l’impression que tous se rient de moi
Il n’y a que la chouette qui me comprend

Je repense à la mer d’étoiles qui brille dans l’océan
Ta peau brille
Elle luit
Je ne peux détourner mon regard

Soudain je suis parcourue d’un frisson
Par accident ma peau a effleuré la tienne
Je suis pétrifiée d’émotion
Je suis cueillie pétrie

J’ose reproduire l’accident du bout des doigts
J’embarque sur un océan de douceur

Tu dors encore et cet interdit soudain bravé me fourmille dans tout le corps
Ma main se pose hardiment sur ton dos
Je sens ton omoplate
Je ferme les yeux
J’inspire je respire il faut que je me calme

Le corps parle le corps hurle il crie d’amour et de désir

Je brûle
Je brûle pour toi la nuit

J’ai voulu, attendu, voulu
espéré
attendu encore
oublié un peu
puisque tourbillon
routine

Ça recommence
voulu, attendu, voulu

Tourbillon à nouveau
pas le choix, pas le choix
mais tout de même
j’attendais
un signe
un signe que oui

Je le voulais ce signe
je l’ai vu
j’ai continué, recommencé
avec minutie, acharnement
C’est tout plié, décidé
plié, oui
bagages
aussi

Amère je suis

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

Retour en haut ↑