Tout papier mérite son encre
Je vis avec
Ou je suis elleL’envie
Oui, c’est bien elleL’envie d’écrire
Encore elle
À l’aube des temps lointains
Le silence entre dans sa rouille
Le monde se lance à travers notre vide
Nous le suivons sans raison
Je me mets à penser
Là, tout en bas
À tout ce que je perds
Là, tout au bord
J’aimerais tomber la tête en bas
Au plus profond de la couleur
Tout ce que je prends de haut
M’habite à l’envers
Et bientôt ne sera plus très lourd
À cache-cache dans le dédale de la nuit
Vers les lampions d’une liesse illégale
De biais, de travers
Par le rire et la danse
Se perdre à la rivière
Belle liaison buissonnière
Hors des sentiers
Tracés par nos abbés
Sans pluie, sans frontière, sans musette
Sous l’averse de nos rêves d’enfant
Le bal des traverses
J’attends du ciel qu’il me donne un parapluie
Pour délimiter le cercle de mon existence
Pas de vagues sur la mer d’huile
Loin du tapin
Elle peut
Être
Rêver à demain
D’un lit de feuilles mortes
Surgit une pensée blanche
Humeur du matin
Où qu’il nous mène
Le balancement du train
Est un voyage en soi
Il y a ce monde-là
Celui qu’on connaît
Pas assez bien mais déjà trop
Déjà rassasiés
Et il y a cet autre monde
Quelque part entre ici et ailleurs
Le monde flou qu’on ne saurait trop définir
Mais qui attire
Irrésistiblement
Il n’existe que là, en soi
Miroir à transformer le pourri, l’injuste, le mépris
Refuge intime des égos bousculés
Ilot de sérénité où enfin, enfin ! on nous fiche la paix