La liberté de l’artiste

Nous sommes confinés.

Déplacements limités, habitudes modifiées, privation d’interactions sociales…

Je crois que c’est la première fois que nous sommes confrontés à une telle restriction de nos libertés individuelles. Et je ne dis pas que c’est mal – la situation l’exige.

Quoi qu’il en soit, ça donne matière à réfléchir. Le mot « liberté » refait surface, ainsi que son ami, « démocratie ». On se questionne sur la signification de l’un ou l’autre.

Mais au fait… c’est quoi la liberté ?

Rassure-toi, je ne vais pas te faire un cours de philo – d’autant plus que mes connaissances en la matière sont sporadiques.

Mais j’ai envie de saisir l’occasion pour partager avec toi ma réflexion sur la notion de liberté dans le domaine artistique. Lire la suite « La liberté de l’artiste »

L’arbre à syllabes
Siffle dans le vent

De phonème en voyelle
Je saute – Ça l’amuse

Ses feuilles m’enveloppent
De leurs murmures

Clac ! Un grand coup
Tout s’envole

La nuée est partie
Je reste branche

Au creux de l’hiver

Les émotions : allié ou ennemi de l’artiste ?

On croirait à un coup du sort : depuis que j’ai publié ce premier article, je n’arrive pas à avancer sur mon roman. Je traîne. Je repousse à plus tard. Je relis dix fois le même passage pour, au final, changer une virgule. Et moi qui te parlait d’un sursaut de créativité !

Ça va revenir, je le sais. J’ai déjà expérimenté ce phénomène plusieurs fois. La différence, c’est que je peux en parler ici – et c’est déjà une étape pour se remettre en route.

L’occasion de décortiquer avec toi ce qu’il se passe. De nous rendre compte à quel point la créativité est une petite chose fragile, et qu’il faut donc en prendre soin. Lire la suite « Les émotions : allié ou ennemi de l’artiste ? »

Confinement : vers un sursaut de créativité ?

Parfois, les crises agissent comme des déclencheurs.

Comme bon nombre de Français, je me suis réveillée, lundi matin, un peu groggy, un peu déboussolée. J’ai erré chez moi, j’ai scrollé à l’infini sur mon téléphone. Je n’ai pas réussi à m’ôter de la tête ce mot qui était dans toutes les bouches : coronavirus (qui ne sera utilisé qu’une fois ici, promis). J’ai écumé tous les articles de presse que je trouvais sur le sujet, je me suis inquiétée – j’ai même un peu paniqué.

Lire la suite « Confinement : vers un sursaut de créativité ? »

Je vois les mots flotter.
Là et là.
Ils sont détachés les uns des autres.
Ils ne veulent plus rien dire.
Ils ne me disent plus rien.
Ils ne disent rien.
Ne sont rien.
Rien que des mots.
Dans le vent.
Des mots vains.
Des mots-rien.
Des rots-mains.
Des romains ?
Des morts, hein.
Des hauts miens.
Haut-les-mains !
Vauriens.
Or et vin.
De l’or et du vin.
On y vient. Quoiqu’on fasse, on y revient : de l’or et du vin.

Foutus humains.

Hier était le demain d’avant-hier
Demain sera hier pour après-demain
et sera la veille du lendemain

Ici est le là-bas de tout à l’heure
Là-bas était ici à ce moment-là

Maintenant sera bientôt l’autre jour
Puis seulement un jour ou un soir

Je pour toi est un autre
Toi pour moi est une autre
Alors que pour toi c’est je
Et moi je ne me sens pas autre

Si je dis qu’elle est rigide ça pourrait être elle
Ou bien seulement la chaise

Il est souple
Qui ? Le contrôleur ou le classeur ?
Elles sont vicieuses
Qui ? Les commères ou mes douleurs ?

Je m’y perds – Tu t’y perds, me dirais-tu

Et là se brouillent
Les frontières du langage

Je marche dans tes pas et nous irons danser
danser au coin de la rue
Tu sais cette rue aux angles arrondis
celle qui refusait les lignes de la ville

celle qui ne voulait que chanter et danser
toute la nuit et tout le jour
car ce serait triste de n’avoir que la nuit pour danser
(pourquoi donc faudrait-il s’arrêter au petit jour?)

Je marche dans tes pas et nous irons danser
Ta nuit sera mon jour et je me demande parfois si ta nuit n’est pas plus lumineuse
Ta nuit comme un tango
Un souffle qui ne s’épuise pas
Ses gancho et boleo et ocho et abrazo

Tu me respires je te plisse tu m’aspires
je t’arrime et t’assouplis sous ma peine à l’envie – à l’envie
Je te vie je te nuit je devine toi qui tangue et tombe sous toi sous ton toit ou le toit du monde
le monde à toi ton monde
La nuit

Je marche dans ta tête je marche dans tes bras
sur ta peau et même ton orteil
Tout danse en toi
Rien ne marche plus chez moi

La rue a retrouvé ses angles ses arêtes
elle quadrille l’espace – mon espace
quelque chose a bougé quelque chose a changé
au début je ne sais pas quoi   à moins que si   ce ne soit ça        l’absence
l’absence de toi

Je vrille, je virgule
les lignes ne sont plus courbes les murs sont plats
je m’en retourne chez moi
chez moi ce n’est plus    ce n’est pas    alors je ressors et je marche
je marche dans rien    plus rien de toi    je fais taire mon pas

La nuit est sous terre
Tu danses là-bas
Là où est la fête
J’irai avec toi

écrire avec
écrire avec ce corps inconfortable
écrire avec ça
écrire avec soi
écrire avec ou sans
écrire avec ce sang

Sentinelle du mois

écrire l’invisible
écrire le caché

écrire ce premier jour de règles

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