Allez, maintenant je peux vous le dire : ce n’est pas moi qui ai trouvé le titre du 𝑪𝒐𝒏𝒕𝒓𝒂𝒕 𝒔𝒂𝒏𝒔 𝒇𝒊𝒏. 🙈
(Mais qui, alors ? La réponse à la fin de ce billet !)
Au tout début de l’écriture, j’avais ce titre en tête : 𝑨̀ 𝒑𝒐𝒓𝒕𝒆́𝒆 𝒅𝒆 𝒎𝒂𝒊𝒏.
Qui est assez nul, j’en conviens.
Ou du moins, qui ne reflète pas vraiment le genre du livre.
Parce que certes, j’avais créé un univers dystopique en extrapolant le concept de “main invisible” supposée réguler le marché… mais le titre en lui-même ne permettait pas de le comprendre.
On aurait plutôt dit un titre assez métaphorique d’un roman de littérature blanche.
Et puis, il y a eu la sortie du roman de Maylis de Kerangal, 𝑈𝑛 𝑚𝑜𝑛𝑑𝑒 𝑎̀ 𝑝𝑜𝑟𝑡𝑒́𝑒 𝑑𝑒 𝑚𝑎𝑖𝑛, qui a achevé d’enterrer ce titre potentiel.
(Parenthèse pour les auteurs : ça vous arrive souvent de voir un livre sortir avec le titre que vous imaginiez pour votre manuscrit ?)
Par la suite, pendant la réécriture, j’ai pris conscience d’un thème important du roman : le bonheur.
Mon personnage principal est quand même “Responsable Bonheur” au sein de sa Ville-Entreprise.
Et donc, nouveau titre provisoire : 𝑳𝒆 𝒕𝒉𝒆́𝒂̂𝒕𝒓𝒆 𝒅𝒆𝒔 𝒈𝒆𝒏𝒔 𝒉𝒆𝒖𝒓𝒆𝒖𝒙.
J’étais à fond dans l’idée d’une mascarade du bonheur, une sorte de mauvaise pièce de théâtre où chacun jouerait son rôle en essayant de se convaincre que c’est vrai.
Et puis — c’est là où l’égo de l’auteur rentre en jeu — je travaille dans le milieu du théâtre, ça me plaisait comme clin d’œil.
Pendant longtemps, j’avais même prévu de mettre cette citation de Shakespeare en exergue :

Sauf que là encore, ce titre – assez pompeux – ne disait rien du livre.
On ne voyait ni la dystopie, ni le monde du travail et de l’entreprise.
J’ai soumis mon manuscrit à des éditeurs avec ce titre. Et puis, à force de refus, je me suis dit que ça n’allait pas. Il fallait un autre titre.
C’est là que mon compagnon (car oui, c’est lui ☺️), à force de me voir pédaler dans la semoule, a suggéré ce titre : “Et pourquoi pas 𝑳𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒂𝒕 𝒔𝒂𝒏𝒔 𝒇𝒊𝒏 ?”
Là, il y a eu une forme d’évidence. Mais oui, bien sûr.
On voyait davantage la dystopie ; et le léger détournement de l’appellation “contrat à durée indéterminée” pouvait évoquer le monde du travail et de l’entreprise.
Quant au thème du bonheur… on se doute dans ce monde-là, ce n’est pas la panacée. Tout comme la liberté.
Quand mon éditeur m’a contactée pour publier le roman, il m’a dit qu’il trouvait le titre plutôt bien.
“𝘊’𝘦𝘴𝘵 𝘮𝘦̂𝘮𝘦 𝘦́𝘵𝘰𝘯𝘯𝘢𝘯𝘵 𝘲𝘶𝘦 𝘤𝘦 𝘯𝘦 𝘴𝘰𝘪𝘵 𝘱𝘢𝘴 𝘥𝘦́𝘫𝘢̀ 𝘱𝘳𝘪𝘴…” a-t-il ajouté.
Depuis que le livre est sorti, j’ai bien vu qu’il titillait la curiosité.
(Et c’est tout ce qu’on attend d’un titre, après tout…)
Donc il est temps de rendre à César ce qui appartient à César : merci à toi, mon cher et tendre, d’avoir trouvé ce titre. ♥️
On le sait, les partenaires de vie des écrivains jouent souvent un rôle crucial, dans l’ombre.
Ils peuvent bien prendre un peu de lumière de temps en temps. 😉
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Ça ne m’étonne pas !… Il est brillant, ce garçon ! ; )
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N’est-ce pas ? :p
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