Trouver sa place

Aujourd’hui, j’ai eu le plaisir de voir que Sciences Po Toulouse avait mis en avant sur son site internet la rencontre du 28 juin prochain à la Librairie l’Autre Rive.


Cela fait bientôt dix ans que j’ai quitté les bancs de cette institution, ainsi que mon bienaimé costume d’étudiante.

Je me souviens qu’à l’époque, mon obsession première était de trouver ma place. Cela passait par l’obtention du premier « vrai » boulot, puisqu’apparemment, étudier n’était pas une fin en soi.

C’est donc quelque peu terrorisée à l’idée d’être potentiellement inadaptée au monde du travail que je me suis lancée dans cette recherche d’emploi. Je savais que ce ne serait pas simple : les CDI, dans le milieu culturel, on appelait ça des licornes, c’est dire leur rareté.

J’étais pas si mal dans mon costume d’étudiante.

Pour la première fois de mon parcours (exception faite du permis de conduire 😅), je me suis confrontée à l’échec. L’échec de mes premières candidatures, que j’avais pourtant soigneusement préparées. L’échec de mes premiers entretiens, malgré ma grande mobilité (dire que j’étais prête à aller à Montbéliard…).

Ce n’est qu’au bout de 50 essais que j’ai fini par décrocher le fameux Graal, qui se trouvait finalement… à Narbonne. En guise de sésame, j’avais obtenu un CDD de 4 mois, à 1h15 de train de mon cocon toulousain. Je me suis jetée dans le train, certaine d’avoir fait le plus dur. J’avais une place : le reste suivrait.

Mon sésame narbonnais

Ce n’est que quelques mois plus tard que je me suis rendu compte qu’avoir une place et trouver sa place étaient deux concepts bien différents.

Visiblement, pour le second, il ne suffisait pas d’avoir décroché un premier « vrai » travail. Il ne suffisait pas d’enfiler chaque matin son costume de salariée et de feindre l’aisance naturelle… De s’efforcer d’être une bonne travailleuse après avoir été une bonne élève. De tenter de trouver de nouveaux repères dans un monde qui nous est inconnu (réapprendre à marcher, en quelque sorte). Et de faire comme si tout cela ne provoquait aucun bouleversement intérieur…

J’ai pris conscience que ce serait bien plus long et complexe que ça.

Si l’enjeu de le vingtaine est bien de trouver sa place, quitte à tâtonner, à faire demi-tour ou à brusquement changer de direction, l’enjeu de la trentaine est peut-être de réussir à transformer l’essai. Éprouver le(s) choix qu’on aura peut-être mis dix ans à faire émerger.

Dans mon cas, il aura bien fallu dix ans pour faire émerger et être à l’aise avec cette simple phrase : en fait, je veux écrire.

Je ne veux pas simplement travailler « dans » la culture, accompagner les artistes… je veux poser mon regard sur le monde qui nous entoure, et partager cette vision (la définition de l’artiste ?).

S’il y a bien quelque chose que Sciences Po m’a apportée, c’est d’apprendre à regarder le monde. Le regarder par le prisme de l’histoire, de la sociologie, du droit, de l’économie… et revenir à ma propre sensibilité. C’est ce qui a donné naissance, en partie du moins, au contrat sans fin.

Mes amis de Sciences Po ont d’ailleurs reconnu certaines petites références, plus ou moins cachées (coucou la Main invisible 👋). Il est évident qu’on écrit avec qui l’on est, avec ce qui a jalonné notre parcours…

Et voilà que dix ans après, l’institution qui m’a accompagnée dans mon passage à l’âge adulte me reconnait dans ce rôle de romancière. Un rôle qui n’est pas un « emploi » à proprement parler…

Comme quoi, sans le savoir, j’ai peut-être réussi à « trouver ma place ». 😜

(Jusqu’à la prochaine décennie ?)


Ça valait bien une capture d’écran.

Prochains événements

2 commentaires sur “Trouver sa place

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