Le bon moment pour devenir auteur(e)

Deux ans. Cela faisait deux ans que j’envoyais mon roman à des éditeurs, et pour être tout à fait honnête, je commençais à ne plus trop y croire.

Je me disais que si quelqu’un en avait voulu, il se serait déjà manifesté.

Deux ans, c’est long. Et pourtant, avec le recul, je me dis qu’en réalité, cette attente était nécessaire et que l’annonce de la publication arrive finalement au bon moment. Parce qu’aujourd’hui, j’arrive à me ressentir et me percevoir comme une auteure, ce qui n’était pas le cas il y a deux ans.

Et comme être auteur•e, c’est aussi une image publique qu’il faut incarner et défendre, la base c’est quand même de se reconnaître dans cette image. Si on n’y croit pas soi-même, les autres n’y croiront pas non plus…

Il y a deux ans, je sortais tout juste de mon master création littéraire, mon manuscrit finalisé. J’étais certes emplie de cette expérience nouvelle qui avait fait passer mon écriture à un autre niveau, plus mature, plus ancré, mais j’en sortais aussi avec cette angoissante question : « Et après ? » Et après, quoi, le retour à la vie normale ? Retour au travail et à un quotidien qui ne laisse pas de place à l’écriture ? Tout cela n’était-il qu’une parenthèse enchantée ? Étais-je capable d’écrire autre chose, après ce premier roman qui avait occupé 3 ans de ma vie ?

Je crois sincèrement que si j’avais reçu une proposition d’édition à ce moment-là, j’en aurais été très heureuse, mais je n’aurais pas su « incarner » cette posture d’auteur. Le syndrome de l’imposteur aurait été trop fort… Et c’est là tout le bénéfice de ces deux ans d’attente.

En deux ans, j’ai en partie répondu aux questions qui me taraudaient :
Non, ce n’était pas qu’une parenthèse enchantée. Désormais, je fais mes choix en donnant une place importante à l’écriture. Oui, je suis capable d’écrire autre chose, et je prends un plaisir grandissant à écrire, ce qui est une sacrée bonne nouvelle quand on souhaite s’y consacrer. Oui, j’ai réussi à trouver un certain équilibre entre travail et écriture, qui me convient pour l’instant.

Et oui, j’assume plus volontiers cette part de moi. J’en parle à mon entourage et j’ose même le revendiquer sur internet (coucou le Collectif Murmuration).

Ces deux années n’ont pas été inutiles, loin de là. Elles m’ont permis de consolider ma pratique, de me confronter modestement au regard de l’autre, de mieux me connaître, d’essuyer des refus et de continuer malgré tout… tout un tas de choses qui font que je me sens prête à devenir auteure.

Comme quoi, le temps est souvent notre allié, pas notre ennemi 🙂

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